HISTORIQUE
par Y. Lefebvre, (article
publié dans Gynobilis, Vol 4, no 1, 2003)
Département d'obstétrique-gynécologie
de l'Université de Montréal (1963-2003)
C’est un départ : structuration
de l’enseignement
En décembre 1963, le Conseil de
l’Université de Montréal, recommandait
la formation d’un département d’obstétrique
gynécologie à l’Université de
Montréal grâce à la fusion du département
d’obstétrique avec le service de gynécologie
qui faisait partie du département de chirurgie.
En mai-juin 1964, le docteur Michel Bérard
est nommé 1er titulaire et directeur du département.
Il sera également nommé chef du département
hospitalier d’obstétrique gynécologie
à l’Hôpital Notre-Dame. Le département
universitaire est alors constitué des départements
d’obstétrique gynécologie des hôpitaux
Notre-Dame, Hôtel-Dieu, Maisonneuve, Miséricorde
et Saint-Luc. Leur tâche universitaire se limitera
à l’enseignement prégradué pour
120 étudiants de 3ème et 4ème année
de médecine. L’enseignement à l’internat
et la résidence demeure toujours la responsabilité
exclusive des départements hospitaliers respectifs.
En 1969, la Corporation professionnelle
des médecins du Québec, aujourd’hui,
le Collège des médecins du Québec,
confiera cette responsabilité aux départements
universitaires et aux facultés de médecine
du Québec. Le docteur Michel Bérard procédera
alors à la nomination du docteur Rodrigue Bruyère
puis du docteur Pierre Audet-Lapointe pour s’occuper
de la formation et de la coordination de ce nouveau programme
de résidence en obstétrique gynécologie
pour l’Université de Montréal. Pour
consolider l’enseignement et développer la
recherche, la faculté de médecine a procédé
à l’engagement de gynécologues obstétriciens
plein temps géographique (PTG) à Notre-Dame,
à Maisonneuve, à la Miséricorde et
à Saint-Luc. Ces professeurs PTG sont dorénavant
soumis aux mêmes règles de promotion que celles
qui sont demandées aux professeurs de sciences pré
cliniques ou de base. Nous pouvons qualifier cette période
1964 à 1972 de structuration de l’enseignement
universitaire clinique pré et postgradué et
de structuration des milieux hospitaliers par l’apparition
de professeurs plein temps géographique dont l’objectif
est l’enseignement clinique, la recherche et la diffusion
des connaissances.
Développement de l’enseignement
La deuxième étape du département
débute en 1972 avec la nomination du 2ème
titulaire et directeur du département, le docteur
Jacques Van Campenhout. Cette période a duré
de 1972 à 1981 et fut une période d’expansion
du nombre d'étudiants en prégradué,
des hôpitaux agréés, des professeurs
pleins temps géographique (19 PTG) et de structuration
pédagogique des programmes pré et postgradués
en plus d’assumer la responsabilité de programme
d’éducation médicale continue des médecins
de famille et des omnipraticiens. L’Hôpital
de la Miséricorde cesse ses activités et les
hôpitaux Sacré-Cœur et Cité-de-la-Santé
de Laval obtiennent leur accréditation pour l’enseignement
de l’obstétrique gynécologie aux étudiants
en médecine et aux internes. L’Hôpital
Sainte-Justine prendra la charge des étudiants prégradués
et va structurer un programme de périnatalogie néonatalogie
pour les résidents. Elle s’unira à l’Hôtel-Dieu
pour faire un milieu complet en gynécologie obstétrique.
Les hôpitaux Notre-Dame et Maisonneuve-Rosemont vont
également développer des pouponnières
tertiaires et des programmes de périnatalogie.
Le nombre d’étudiants en médecine
par année d’étude augmente à
près de 200 par an tandis que le nombre de résidents
en formation dans le programme augmente également
pour atteindre le total de 48. La plupart des hôpitaux
faisant partie du département universitaire se surspécialisent
et forment des services de grossesse à risques élevés
(GARE), d’infertilité, d’oncologie et
de planning familial (Maisonneuve-Rosemont et Notre-Dame).
À partir de 1974, l’enseignement devient par
objectifs et un cahier est fourni aux professeurs et aux
élèves. De plus, des examens objectifs seront
structurés pour correspondre à chacun des
objectifs décrits et cela grâce au travail
du docteur Julien Lord.
Consolidation de l’enseignement
La troisième étape du département
débute en 1981 avec la nomination du 3ème
titulaire, le docteur Yves Lefebvre, directeur du département
universitaire. Il deviendra directeur universitaire sans
être chef hospitalier grâce à une décision
universitaire de séparer les deux fonctions. Cette
période a duré de 1981 à 1990 et fut
une période de consolidation à la suite d’une
décision gouvernementale recommandant de réduire
le nombre d’étudiants en médecine et
en résidence de spécialité. Il devenait,
en effet, impossible de maintenir des professeurs et des
résidents en spécialité et surspécialité
dans tous les hôpitaux du programme avec un nombre
réduit de 24-30 résidents et de 140 étudiants
prégradués.
De plus, avec la formation du nouveau département
de médecine familiale, la responsabilité exclusive
de la résidence de deux ans en médecine familiale
leur a été confiée. Certains de nos
départements hospitaliers ne répondant plus
aux objectifs d’enseignement de médecine familiale
ont perdu leurs responsabilités à ce niveau.
Par ailleurs, les deux premières années de
la résidence en obstétrique gynécologie
sont devenues la responsabilité exclusive du département
universitaire. Durant cette période, d’autres
aspects ont été entrepris comme le début
des stages de recherche accessibles pour nos résidents,
l’établissement de la journée annuelle
de recherche au sein du département universitaire
par le docteur Bernard Leduc et la nomination de deux professeurs
PTG non médecins, mais issus du milieu de la recherche.
De plus, les hôpitaux ont commencé
une restructuration afin de maintenir chacun une pointe
d‘excellence qui leur a permis ultérieurement
de développer un programme surspécialisé
accepté et reconnu par le Collège royal des
médecins et chirurgiens du Canada. Une formule inédite
et objective d’évaluation des professeurs a
été mise au point par le docteur Pierre Fugère
afin de faciliter les promotions professorales, mais l’acceptation
facultaire sera lente.
Expansion
La quatrième étape du département
universitaire a été vécue de 1990 a
2002 avec le quatrième titulaire, le docteur Serge
Bélisle, qui au cours de son deuxième mandat
est devenu le premier chef du nouveau département
d’obstétrique gynécologie du Centre
hospitalier universitaire de Montréal (CHUM). Ses
3 mandats lui ont permis d’accomplir des réalisations
académiques très importantes telles que l’enseignement
par problème aux étudiants du prégradué
et les examens ECOS au prégradué et au postgradué,
l’acceptation par le Collège royal des médecins
et chirurgiens du Canada des programmes surspécialisés
en oncologie sous la responsabilité du docteur Pierre
Drouin; en infertilité sous la responsabilité
du docteur François Bissonnette; en grossesse à
risque sous la responsabilité du docteur Gérald
Marquette; la gynécologie de l’adolescence
sous la responsabilité de la docteure Diane Francœur
et en gynécologie urologique et plancher pelvien
sous la responsabilité de la docteure Marie-Claude
Lemieux. Il a, de plus, restructuré nos milieux hospitaliers
à Notre-Dame, Saint-Luc et à l’Hôtel-Dieu
pour constituer le département principal d’obstétrique
gynécologie du CHUM.
Le futur proche
La cinquième étape
a débuté en 2002 avec la nomination du docteur
William B. Fraser, périnatalogiste, qui est devenu
le cinquième titulaire et à qui nous souhaitons
que son nouveau mandat soit rempli de succès et s’accomplisse
à sa très grande satisfaction.
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